lundi 19 juin 2017

Fauche-t-on le blé quand il est encore vert ?


Je le revois et je le reverrai longtemps encore, cet élève-là. Il était de ceux qu'on remarque, dans les couloirs d'un collège. Il était grand, déjà, pour son âge. La musculature d'un jeune coq et la tignasse d'un ado rebelle. Une sorte de Romain Duris dans Le Péril Jeune, jeune effronté, diablement intelligent et terriblement attachant. Il était en quête de reconnaissance, auprès des autres enfants, auprès des adultes. Il voulait qu'on le remarque, pas toujours de la meilleure façon. Il relevait parfois une jambe de son jogging comme dans les clips de rap et jouait aussi de son autorité naturelle en petit chef. Mais son charme agissait.

Faut-il expliquer pourquoi on s'attache à certains élèves ?

Je l'avais eu en classe, quelques heures, pour des projets, pour de l'aide personnalisée. Il était réputé difficile. J'avais un bon contact avec lui. Je me suis souvenue immédiatement de son nom, parce que j'avais eu sa soeur, il y a quelques années. Une gamine timide et révoltée, écorchée vive, elle aussi. J'avais pris l'habitude de l'appeler Monsieur et je continuais, quand je le croisais dans les couloirs. Il me manquera.

Fauche-t-on le blé quand il est encore vert ? Pourquoi faut-il que la mort condamne un enfant si beau, qui avait à peine commencé de vivre ?

Aujourd'hui, je pense à sa mère et à son père, à sa soeur, à l'ordre des choses qui est bouleversé, aux parents qui jamais ne devraient avoir à mettre en terre leurs enfants...

Je leur adresse mes condoléances sincères et toutes mes pensées.

Yanis a laissé des souvenirs forts à beaucoup d'entre nous, au collège. Nous ne l'oublierons pas.

samedi 4 mars 2017

162

C’était un rêve que je poursuivais depuis de longues années. Je voulais écrire un roman. C’est un travail de longue haleine. C’est le travail de toute une existence. On y met son cœur, on y met son âme. On y met toute sa vie et toutes les vies des gens qui nous entourent. On passe du temps à chercher les mots, à prendre des notes, à trouver des formules : on pense que cela ferait mouche.

On le fait relire à tout ceux qu’on a mis à l’intérieur, on espère qu’ils ne se reconnaîtront pas, on croise les doigts pour que ça leur plaise, on a l’impression d’avoir fait un chef d’œuvre, durant quelques minutes par jour et le reste du temps, on pense qu’on aurait mieux fait d’aller faire du shopping. On relit des livres qu’on aime et on se trouve minable, on s’interdit ensuite de lire une ligne en dehors de sa prose. On imagine alors être à la hauteur de Proust et de Louis-Ferdinand Céline. Alors on s’encourage, on a l’impression qu’on pourra être imprimé. Et on se met à faire des jeux de mots avec des noms de même étymologie, on se persuade que tout le monde les comprendra.

C’est alors qu’on a un ami qui connaît un ami qui a l’adresse mail d’un éditeur. Et on se dit que c’est un signe du destin. Qu’on a sa chance, qu’on est un futur best-seller. Amélie Nothomb, Marc Lévy. Ou alors un artiste incompris, qu’on redécouvrira après sa mort. Mais on arrive à se convaincre qu’on a écrit un grand roman.

Alors on se décide à envoyer son manuscrit.

On attend le retour avec tellement d’impatience qu’on ne peut plus rien faire d’autre. On a les yeux rivés sur sa boîte de réception qui se transforme en boîte de déception à chaque fois qu’un mail pour La Redoute s’y dépose. On ne peut plus lever les yeux de son écran, on ne fait plus la vaisselle, on ne va plus aux toilettes. On passe son temps à attendre. Evidemment, on finit par bouger, au bout d’une heure ou deux. Il faut bien vivre. Mais on vit alors alors avec un détachement un peu faux, on chantonne pour se donner une contenance, on va faire la vaisselle en faisant des pauses toutes les deux minutes pour aller vérifier l’ordinateur.

Et puis le message arrive. Et c’est l’incompréhension.

Le message s’intitule « Code 162 ».

« Bonjour Madame, Je suis honoré d’avoir pu lire votre manuscrit. Il présente des qualités certaines. Malheureusement, nous ne pourront pas donner suite à notre collaboration. En effet, nous avons dû le classer « Code 162 ». Ce code est strictement confidentiel. Seuls les éditeurs le connaissent. Je ne peux pas vous en dire plus par mail. Soyez assurée de nos meilleurs sentiments, Bien cordialement, Etienne Antoine, directeur des Editions Des Lettres Rebelles. »

Je n’ai rien compris. J’ai appelé l’ami qui m’avait donné le mail de l’éditeur. Il a appelé son ami et j’ai réussi à avoir le numéro de téléphone de cet Etienne Antoine.

C’est alors qu’il m’a expliqué :
« - Personne ne le sait, hormis les éditeurs et…donc…162 écrivains, par an. Vous en faites partie.
 - Je ne comprends pas.
- C’est normal, c’est très compliqué à comprendre. Si je vous l’explique…Ah…ça m’embête. Vous risquez d’avoir ensuite un rapport différent à l’écriture…Cela risque de vous bloquer…Êtes-vous sûre de vouloir savoir ?
- Oui…enfin, je ne sais pas. J’ai écrit un roman, qui ne me semble pas si mal…il est plutôt…drôle, intelligent…Les amis qui l’ont lu l’ont aimé…
- Oui, c’est un bon roman, j’en suis d’accord. J’aurais vraiment aimé pouvoir le publier. Mais je ne peux pas. C’est un code 162. »

Il a raccroché. J’ai senti qu’il était à la fois en colère, énervé…et triste.

Je ne l’ai pas rappelé tout de suite. J’ai passé la nuit à me tourner dans tous les sens. Je me suis relevée à trois heures du matin pour chercher « code 162 » sur internet. Je n’ai rien trouvé.

Le lendemain, je l’ai rappelé. Je lui ai demandé si l’on pouvait se rencontrer. Je me suis rendue à son bureau.

Il a d’abord été très mystérieux, comme au téléphone.

Et puis, il a recommencé en étant très embrouillé :

« - Chaque année, il y a 162 « Codes 162 ». C’est tout, c’est comme ça, chaque année.
 - Je ne comprends rien.
 - Chaque année, en janvier, on ne publie aucun des manuscrits qu’on reçoit. On attend de savoir lequel sera « 162 ».
 - Mais pourquoi ?
- Ce sont des romans identiques. Chaque année. 162 romans.
 - Identiques ?
- Oui, strictement identiques : au mot près, à la virgule près, à la faute de frappe près.
- C’est…n’importe quoi ! C’est impossible.
 - Oui, c’est ce qu’on se dit quand on entre dans le métier. Mais chaque année depuis…des siècles, je crois, il y a chaque année dans toute la francophonie 162 romans qui nous sont envoyés et qui sont strictement les mêmes. Alors on ne peut pas les publier. Cela poserait des problèmes. Parfois, on publie le premier qu’on a reçu, si on n’en a pas reçu deux le 1 er janvier. Mais si on arrive à prouver formellement que le premier est bien le premier, alors on le publie. Et souvent, ce sont des cartons ! Tenez…l’exemple le plus célèbre, dans le métier, c’est Madame Bovary : s’il a été publié en décembre, c’est parce qu’il a fallu réunir les preuves qu’il avait bien été le premier de l’année à avoir été écrit et que Flaubert ne l’avait pas plagié…
- Vous croyez que j’ai plagié ? Que j’ai copié ce roman ? C’est insensé !
- Non, je ne crois pas cela. On cherche des explications, au début. J’ai fait comme vous : j’ai pensé au plagiat, à l’espionnage industriel, aux ordinateurs tous connectés au grand réseau, tous reliés…mais…
- Mais voyons, c’est stupide ! Bien sûr qu’il y a une explication rationnelle !
- Il n’y en a pas. Il y a l’air du temps. Il y a le fait que les êtres humains qui se croient tous unique sont en fait des clones, des robots, tous pareils. Des auteurs se sont suicidés en apprenant ça…Vous n’allez pas vous suicider, hein ? »

Il s’est arrêté et a pris sa tête entre les mains.

 Je ne savais plus quoi dire. Oui, cela allait changer considérablement ma relation aux livres. Comment écrire encore après une nouvelle pareille. Comment ne pas être plein d’angoisse à l’idée d’écrire le même roman que tous ces inconnus ? Et en plus…162 romans par an…mais combien de romans has been publiés l’année suivante, étant le 163 ou 164…

J’étais épouvantée, abattue.

J’allais sortir du bureau, laissant l’éditeur au même désespoir que moi. J’avais la main sur la poignée de la porte quand il s’est précipité sur moi. Il a refermé la porte et gravement, il m’a dit : « - Et pas la peine de courir chez vous pour en faire une nouvelle fantastique. C’est ce que font tous les 162. Systématiquement. »

mercredi 23 novembre 2016

Commencements

J'ai encore commencé un autre roman, hier soir, avant de m’endormir.

Ce roman débutait par les mots de quelques romans autrement plus célèbres que les miens :

« Longtemps je me suis couché de bonne heure. » De bonheur. Et le personnage disait : « Il y a les romans qui commencent par « je ». On rentre dans l’intimité de quelqu’un, on est est happé par notre propre curiosité. On est intrigué.
Autre je, autre jeu : « Aujourd’hui, maman est morte. » Maman, si proche. Le ton, si distant. Intrigue, mystère.
Et puis « C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. » Plus de je, au contraire. Nous sommes loin, nous voyageons dès les premiers mots. Et on a envie de partir. »

Moi, si je devais écrire un roman, j’attraperais le début avant de m’endormir.

Avant hier soir, virtuellement, j’écrivais le début d'un autre roman qui ne verra jamais le jour :

« Alors qu’elle se démaquillait machinalement devant son miroir, comme chaque soir, alors qu’elle ne retirait pas tout à fait la totalité de ce noir qui lui cernait les yeux, elle se disait qu’elle n’était jamais vraiment elle-même avec ce maquillage. Elle ment avec son visage. Elle ment sur son âge. Sur ses rides qu’elle appelle affectueusement « rides d’expression, rides d’émotion ». Ce sont pourtant les marques de son expérience. Elle ne sait plus qui elle est. Chaque matin, elle remet sur les restes de maquillage de la veille, une couche de mensonge, de crayon noir et de rouge aux joues. »

Quand le sommeil m’a prise, l’héroïne sortait de la salle de bain.

 C’était un autre soir, que je commençais mes divagations littéraires. Mes contes d’enfant pour m’endormir. Mes sornettes remplaçant les moutons. Mes pensées positives, mes visualisations optimistes ayant pour but de détendre mes épaules et de délasser mon esprit.

 « Elle jeta ses clés sur la tablette de l’entrée. Elle était lasse de la journée, elle n’espérait que son canapé, elle n’aspirait qu’à retirer ses chaussures. Elle avait oublié de faire les courses, elle avait oublié de faire la lessive, elle avait oublié de payer l’électricité. Elle oubliait tellement en ce moment. La fatigue, sans doute. Il fallait pourtant bien qu’elle aille se chercher à manger. Elle devait ressortir, mais où avait-elle mis ses clés ?

Au même moment, de l’autre côté de Paris, une vieille dame somnolait devant Questions pour un champion. « - Question géographie : quelle est la capitale du Brésil ? » Elle ouvre un oeil. Elle dit « Brazilia » et semble se rendormir. Elle n’a pas oublié. Mais en ouvrant l’oeil, elle a été effarée, un bref instant : où était-elle ? Elle avait oublié, elle ne reconnaissait pas cette télé plate, cette tapisserie à fleurs, ce napperon et ce petit vase. Et qui pouvait bien être cette jeune femme s’activant dans la cuisine ? »

C'est vrai, plus on lit, plus on se rend à l’évidence bête et méchante que tout a été écrit, tout, absolument tout a été imaginé, inventé, rapporté. La page blanche, c’est surtout la page trop pleine de tout ce qui existe déjà. Mais il est un moment magique où l’on pense réinventer le monde et la littérature. C’est le moment où l’on se berce avant de sombrer dans les bras de Morphée. L’autre soir, par exemple…

« Alors que le monde semblait courir à sa perte, que la Syrie brulait et qu’Alep était détruite, une jeune fille découvrait l’amour, et il lui semblait que le monde était neuf comme un oeuf du jour. Les fleurs étaient plus belles que la veille, l’herbe était plus brillante de rosée, les passants semblaient esquisser des pas de danse pour éviter les flaques et la lumière qui baignait la ville n’était rien moins que de l’or. Pour chacun d’entre nous, l’amour réinvente le monde, c’est une banalité et un événement intime extraordinaire, tout à la fois.

Alors que le monde courait à sa perte, un vieil homme décidait de prendre une balle dans son tiroir, un revolver dans son armoire, une corde dans son grenier. Un vieil homme décidait qu’il avait assez vécu, assez vu de sang, de misère et de bêtise, assez de vice et de guerre pour sa pauvre vie. C’est le lot de chacun, peut-être, mais que dieu - ou la boisson - nous en préserve, de désespérer du monde et des hommes lorsqu’on vieillit. Ce n’est pas que le monde change ou que les hommes sont pires. C’est juste que l’on vieillit. C’est que l’on en a trop vu, qu’on a perdu la naïveté qui nous tenait chaud, qui était un vernis fragile, mais assez beau qui nous empêchait de voir les craquelures du tableau. C’est aussi que l’on prend du ventre et de l’arthrose, que ce qui nous paraissait simple - monter trois marches, changer une ampoule, manger une choucroute - devient un enfer, une épreuve insurmontable. Alors on accuse les choses : ce n’est pas moi qui ai changé, ce sont les choses, c’est le monde qui se ligue contre moi. »

 Paupières lourdes…

« Dans toutes les rédactions de la presse quotidienne régionale, la PQR, pour les intimes, il y a un type préposé aux métaphores marines éculées. C’est dans son bureau qu’on trouve les tourmentes, les tempêtes, les gros vents et les naufrages. L’intensité dramatique va du coup de vent à l’ouragan et ne se limite pas aux Dernières nouvelles de Brest. Ne croyez pas que l’on soit épargné si l’on vit loin de la mer. La Dépêche de Nancy n’y coupe pas : le moindre fait divers comporte, selon l’histoire, un insubmersible ou une épave échouée, c’est toujours peu ou prou la même histoire de voyage au long court, de grain en haute mer ou de départ en solitaire et sans escale. La mer, la mer toujours recommencée. Il faut que ça claque comme une marée haute sur l’île d’Ouessant, il faut qu’on sente les embruns du scandale. Dans toutes les rédactions de province, on pense à l’affichette qui fera mouche dans la vitrine des boulangeries le lendemain matin. On sait bien ce qui fera vendre du papier. Alors on ne lésine pas sur l’hyperbole. Le moindre souci de voisinage se transforme en tir de bordée et si les commerçants rencontrent le maire pour se plaindre, ils montent à l’abordage de la mairie, rien de moins. »

lundi 21 novembre 2016

Du pouvoir et de l'ambition...

Moi qui n'ai de pouvoir que celui sur ma soupe, et seulement quand je l'ai digérée, parce qu'il arrive qu'elle se rebelle une fois bue, comme ce soir, d'ailleurs, car j'ai bien envie de vomir, ce soir, moi qui n'ai donc pas l'once d'un début de pouvoir, même avec la télécommande ou même avec cet ordinateur qui décide souvent de se mettre à ramer quand je travaille sur un tableau de compétences de troisième cycle, ce soir, alors que je sors d'un conseil municipal épouvantable, je dois dire que si je savais prier Dieu, je l'implorerais de ne jamais éprouver l'envie d'avoir du Pouvoir. Qu'on me protège aussi de l'Ambition car ce duo, Pouvoir et Ambition, sont la cause de bien des métamorphoses, de bien des névroses, de trop de drames.

Il y en a qui aiment la querelle politique, la bataille et la stratégie. Je n'aime que le calme et la tendresse, la douceur et la paix. La loyauté et l'amitié.

Cependant, j'aime aussi explorer les tréfonds de l'âme humaine.

Je suis servie.

CC


mardi 11 octobre 2016

Une petite minute

Depuis que je suis toute petite, depuis le catéchisme et la messe, en fait, depuis qu'on me conseille de faire des prières, alors que je ne sais pas faire de prière, je me dis parfois que modestement, déjà, s'il ne pouvait rien se produire de dramatique pendant une minute, une seule petite minute de répit, sans mort, sans violence, sans traumatisme crânien, sans même que quelqu'un se retourne un ongle ou marche sur un lego, alors, déjà, nous aurions beaucoup de chance.

Mais chaque minute, des drames et des catastrophes, inexorables, comme le va et le vient d'un balancier d'horloge, font le bruit de fond de nos vies. Tic ! Un tremblement de terre...Tac ! Une ville rasée par des bombes...Tic ! Un ami a le cancer...Tac ! Un bus de collégiens tombe dans un ravin...

Pas de sommeil possible, pas de rêve, pas de rose. La misère s'abat sur le monde, la violence, la guerre, la souffrance. Et quand on prend une pause, quand on croit qu'on peut tourner les yeux, un instant, vers quelque chose de beau, de léger, de frais, on se prend en pleine face le malheur, encore et encore. 




dimanche 9 octobre 2016

Acteur en série

« Mon chéri,

 Je t’ai vu, hier soir, dans l’épisode #12 de la saison #26 des Experts Miami. Tu étais mort, ton corps se décomposait déjà, on t’avait sorti de l’eau après une noyade. Tu avais été tabassé, ton visage était tuméfié et ton bras droit pendait bizarrement démantibulé le long de ton torse nu et défoncé.

Je sais que c’est de la télé, que ce métier d’acteur te conduit à faire des choses insensées et que ce n’est qu’un jeu et un métier. Je sais que les gens qui font les maquillages et les effets spéciaux sont extras. Mais cette image continue de me hanter.

Heureusement, ce soir, je viens de t’apercevoir dans le dernier épisode d’Esprits criminels. Tu faisais un témoin très concerné, très attristé, très sincère. Ta mère venait d’être assassinée et gisait dans la cuisine, dans une mare de sang. Mais toi, tu étais parfait, très convaincant. Tu avais l’air de tellement aimer ta mère, tellement la regretter. J’ai versé une larme, crois-moi ! Mais quand les inspecteurs finissaient par découvrir que tu étais finalement le criminel, l’odieux criminel, - ah ! mais quelle idiote, je n’aurais jamais dû regarder ça jusqu’au bout ! - tu as eu ce regard torve, faux, malsain…Tant de haine envers ta mère…

Je sais bien que c’est ton métier et que tu dois faire de ton mieux, jouer la comédie avec conviction. Mais bon sang ! J’y pense encore avec des frissons d’horreur.

Dans quelle série vas-tu travailler la prochaine fois ? Tu m’avais parlé de Sex and the city…Je regarde cette série…Mais par pitié, si tu as des scènes de nu, des scènes de sexe, s’il te plait, dis-le moi. Je ne voudrais pas encore faire des cauchemars.

Bises, mon chéri,
Ta maman. »

jeudi 6 octobre 2016

Conversation d'ascenseur

L'automne est arrivé par surprise. Celui qui n'aurait pas eu l'idée de sortir le bout de son nez ou celle qui n'aurait pas jeté un oeil à la page météo du journal, derrière ses carreaux, aurait pu penser qu'il faisait encore beau et assez chaud.

Aujourd'hui, dans la rue, j'ai même aperçu une jeune femme en petite robe alors que tout le monde avait déjà sorti la doudoune et l'écharpe.

Mais le vent s'est levé et a apporté les frimas qui font roussir les feuilles et tourbillonner la poussière. Les passereaux se rassemblent sur les fils pour se tenir chaud. Et la forêt qui a doucement grillé tout l'été commence à s'effeuiller, sexy, pour faire pousser à ses pieds des champignons, si la rosée est assez généreuse.

Le ciel est si clair le soir, accrochant un peu de barba papa toute rose à l'ouest, traversée de reflet de caramel...

Si la nuit est limpide, bientôt au matin elle aura déposé un peu de givre sur les paysages de Franche-Comté.

Vous avez rallumé le chauffage ?